
Solre le Château apparaît dans l'histoire au XIIème
siècle, à la suite de la réorganisation des châtellenies dans le cadre d'un système
féodal contrôlé par le comte de Hainaut. La tour et la maison forte, au centre du
village, constituaient un centre de pouvoir, incitant à la mise en valeur des terroirs
environnants.
La seigneurie appartint à la famille de Barbençon, puis de Berlaimont. En
1417, le château est agrandi et fortifié.

Au XVIème siècle, Solre appartenait à la maison de Croÿ. Philippe
II, roi d'Espagne, donna le titre de Comte de Solre à Philippe de Croÿ en 1592. En
1677, Solre fut érigé en Principauté par Charles II, Roi d'Espagne.
La ville sera rattachée à la France en 1678 lors du traité de
Nimègue. La Révolution, pendant laquelle le château est détruit, marque le début du
développement industriel. Le textile, l'industrie du cuir, les forges ou les brasseries
utilisèrent l'énergie hydraulique fournie par la Solre et ses affluents puis, plus tard,
les machines à vapeur. De nombreuses tanneries et filatures offraient, au XIXème
siècle, du travail à une population qui monta rapidement à plus de 3000 habitants. |

Inscription gothique
surmontant le porche de la Mairie
|
LE PATRIMOINE DES « SOLRÉZIENS »

Les Solréziens sont les habitants de Solre le Château. La commune doit son nom à
un cours d'eau, la Solre, qui le traverse, et à un château qui se
dressait autrefois sur la grand-place. Ce château fut construit au
XIIème siècle, fortifié au XVème et détruit complètement à la Révolution.
Bâtie dans un style gothique, léglise de Solre-le-Château
est remarquable à plusieurs titres. Nous vous invitons à la découvrir plus en détail
dans une page spéciale Eglise St Pierre St Paul.
C'est en 1574 qu'une halle échevinale est construite, dont le
rez-de-chaussée servait de marché couvert. A l'origine, l'Hôtel de Ville
ne comportait qu'un seul étage. Le second est ajouté en 1865, à la demande des grandes
familles industrielles habituées aux fastes des bals, des concerts et du théâtre. Les
ouvertures de la façade sont toutes en plein cintre. Le rez-de-chaussée, autrefois
ouvert, accueille maintenant la Mairie.
Les clefs de voûte des portes de l'Hôtel de Ville sont gravées de trois inscriptions
gothiques recommandant la probité aux marchands et mettant à l'index tout bien
acquis de manière frauduleuse. L'une d'elles prescrit :
"quiconque vient ici marchander
ne veuille point pour plus de
gaignage
par fraude ou vol son âme hasarder
car perdre l'âme est souverain
dommage"
Solre-le-Château possède une grand-place où l'on peut admirer
d'intéressantes maisons anciennes des XVIIème et XVIIIème siècles.
L'une d'elles, située au tout début de la rue de Beaumont, est faite entièrement en
briques. Elle est percée de lucarnes et sa façade est surmontée d'un fronton,
signe de la gloire passée de la ville du temps où les bourgeois et les officiers des princes
de Croÿ résidaient autour du château.
Sur la grand-place, une plaque commémorative rappelle qu'en
septembre 1944, , des habitants furent pris en otages et fusillés par les allemands
après la mort d'un de leurs soldats suite à une attaque des FFi contre un de leurs
camions sur le territoire de la commune.
Le kiosque à musique, situé sur la Grand Place, est l'un des
seuls de l'Avesnois à être de forme hexagonale. Il fut construit vers 1895 et présente
de forts beaux pieds droits aux dessins très affinés.
Les "Pierres Martines" sont des mégalithes (menhirs)
élevés il y a plus de 7000 ans. Plusieurs légendes sont liées à ces pierres. Ainsi
Saint Martin, légionnaire romain chargé de repousser l'invasion barbare, se serait
appuyé sur l'une de ces pierres et aurait laissé l'empreinte de son dos.
La Chapelle de l'Epine fut construite en 1673. Elle est dédié à
ND des Sept Douleurs et l'on retrouve sur chaque vitrail de la chapelle
chacun des moments de la passion du Christ. On peut découvrir une balustrade
de la tribune, dans le style de la Renaissance flamande, réservée aux choristes qui
agrémentaient les services religieux et surtout admirer un grand retable
de style Louis XIV, avec colonnes torses, volutes, angelots, écussons, visages
grimaçants ou personnages à coquille (St Jacques), cornes dabondance qui
caractérisent le sytle baroque, ainsi qu'un autel, fait de chêne
coloré façon marbre... Le retable encadre une jolie Pieta du XVIème
siècle.
La chapelle fut restaurée en 2002 et présente une architecture typique de la région :
soubassements en pierre bleue, renfort d'angles en pierre bleue eux
aussi, murs épais et toiture surmontée d'un clocheton avec abat-son,
rehaussé d'un coq girouette. |
|
Hôtel de ville dans un beau bâtiment classé de 1574, inscriptions à l'intérieur sur
les poutres
Kiosque à musique
Plusieurs chapelles de l'église, en ville et au hameau de l'Epine.
Maisons anciennes des XVIIème et XVIIIème siècles
Les "Pierres Martines" : hors de la ville, en direction de Liessies, sur
la gauche dans un pré, on aperçoit les Pierres.

L'Hôtel de ville et le kiosque
à musique sur la Grand Place

La ville possède un clocher singulier, énorme,
bizarre et qui penche, comme la tour de Pise. Il penche en avant, mais sans compromettre
son équilibre ! Les gens du pays ont cherché une
explication à ce vice de construction, et ils ont trouvé ceci :
« Les filles de Solre étaient jadis très dévergondées et souvent,
quand il leur arrivait de se marier, des marmots les attendaient à la porte en appelant
leur mère. Or, un jour, une vraie pucelle se présenta à léglise pour convoler en
justes noces.
Le clocher, dit-on, en fût si surpris quil se pencha en avant
pour mieux voir la mariée qui passait sous le porche, en robe légitimement blanche ! En
châtiment de sa curiosité, le ciel lui aurait infligé ce torticolis à perpétuité !
» |
|